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Lors d’une semaine de folie, deux clubs de l’Hexagone ont obtenu chacun le précieux ticket pour le dernier carré de la Ligue des Champions. D’abord le PSG lors d’un match très serré contre la coriace Atalanta de Bergame puis l’OL trois jours plus tard face au monstre Manchester City. Avant de nous attarder sur ces deux matchs historiques et sur les héros que sont Éric Maxim Choupo-Moting et Moussa Dembele, nous vous proposons de vous rappeler comment se sont déroulées les dernières demi-finales européennes des clubs parisiens et lyonnais.

C’était il y a un quart de siècle en 1995, que le PSG accédait enfin au prestigieux dernier carré de la Ligue des Champions après avoir éliminé le FC Barcelone. Son adversaire fut donc l’AC Milan, tombeur du Benfica Lisbonne. L’idée de Fernandez, coach des parisiens, d’arroser la pelouse 15 minutes avant le début du match fut brillante… Néanmoins en faveur de l’équipe adverse. L’issue fut alors bien loin des attentes des supporters des bleus et rouges. Le club de la capitale a été obligé de s’incliner 3-0 face aux milanais et de voir son rêve partir en fumée.

2 (DemiVolee)

Du côté du Rhône, il y a tout pile 10 ans, l’Olympique Lyonnais, porté par ses cadors tel que le jeune gardien Hugo Lloris ou le prodigieux attaquant Lisandro Lopez, arrivait pour la première fois de son existence en demi-finale de Champions League pour donner suite à leur victoire face aux Girondins de Bordeaux, alors champions de France. Leur adversaire n’était autre que… Le Bayern Munich. Hélas, les Olympiens ne virent de la finale que la porte. En cause, un 3-0 pour les bavarois, l’expulsion de Cris qui laissa les lyonnais à 10 contre 11 et un Ivica Olic très en forme qui infligea au jeune portier tricolore un triplé (26e,66e et 77e). Une issue tristement similaire à celle des parisiens 15 ans plus tôt.

3 (Le Parisien)

Historique donc, cette performance l’est d’autant plus lorsque l’on connaît le scénario riche en rebondissements de chacune des deux rencontres. Grâce à leur victoire arrachée de justesse au Borussia Dortmund sur le score de 2-0, les parisiens ont eu rendez-vous avec leur destin pour un quart de finale décisif face à l’Atalanta mercredi en ouverture du Final 8. Diminué, le club de la capitale s’est fait peur et la redoutable éventualité d’une énième désillusion a surgi dès l’ouverture du score de l’Atalanta par le biais de Pasalic (26′). Malgré un Neymar étincelant au cœur du jeu, Paris n’est pas parvenu tout de suite à concrétiser et la faute est en grande partie imputable aux prestations assez ternes d’Icardi et de Sarabia, repositionnés côte à côte dans un 4-4-2 losange assez inédit.
Cependant, l’entrée de Mbappé a apporté à l’heure de jeu un vent de fraîcheur, et alors que les espoirs se réduisaient de secondes en secondes, c’est Marquinhos qui est parvenu à égaliser à quelques minutes de la fin du temps réglementaire. Sans même avoir eu le temps de reprendre leurs esprits, les supporters parisiens ont pu quelques instants plus tard assister à une réalisation d’Eric Maxim Choupo Moting, l’attaquant souvent décrié entré en cours de seconde période qui qualifie les siens. Une incroyable prestation sans aucun doute, mais dont l’euphorie engendrée par le scénario a peut-être quelque peu caché les erreurs initiales d’une équipe et d’un coach qui semblaient pourtant avoir pris pleinement la mesure de l’enjeu colossal que représentait le match.

4 (France Football)

Côté lyonnais ensuite, ce n’est pas à Lisbonne mais à l’Allianz Stadium de Turin que (re)commençait cette aventure européenne. Si les Gones partaient avec un but d’avance, rien n’était gagné face à une Juventus qui aussi convalescente soit elle détenait tout de même un des plus précieux atouts de l’histoire de la Ligue des Champions en la personne de Cristiano Ronaldo. Cependant, l’arbitre avait décidé d’être plutôt clément, et deux penalties généreusement accordés d’un côté comme de l’autre dressaient à la mi-temps un score de parité qui qualifiait l’OL. Malgré un nouveau but de Ronaldo, les lyonnais parvenaient à résister et savouraient finalement une qualification ardue obtenue grâce à la règle du but à l’extérieur. Étape 1 validée. Une fois arrivés en terre portugaise, un tout autre défi attendait samedi les hommes de Rudi Garcia. Il s’agissait cette fois de se dresser face à Manchester City, cador de longue date du football anglais qui compte dans ses rangs certains noms plus que retentissants, mais que Lyon avait déjà battu en phase de poule l’année passée.
Néanmoins, l’OL s’est offert le luxe d’un nouvel exploit plus impressionnant que le précédent et a renvoyé les Citizens chez eux en s’imposant 3 buts à 1. Maxwel Cornet d’abord, comme un symbole, y est allé de son but en reprenant une tentative de Toko Ekambi, avant que Kevin De Bruyne ne remette les deux équipes sur un pied d’égalité en seconde période. C’était sans compter sur Moussa Dembélé et ses deux buts décisifs, d’abord sur une frappe pleine de sang-froid entre les jambes d’un Ederson esseulé par sa défense, puis enfin sur une belle reprise à bout portant d’une tentative d’Aouar repoussée par le gardien brésilien. On retiendra donc la superbe performance collective de Lyon et l’excellente copie rendue pas son milieu placé sous la coupe d’Houssem Aouar, ainsi que celle de Marcal, Marcelo, Toko Ekambi, Lopes et Dembélé qui ont tous joué un rôle majeur dans cette qualification. Trop brouillon, City signe un nouvel échec crucial et ne goûtera pas cette année aux ½ finales de la Ligue des Champions.

Ainsi, et pour la première fois de l’histoire, deux clubs de l’Hexagone batailleront pour une place en finale de la C1. Face au RB Leipzig et à l’impressionnant Bayern Munich, les deux formations auront sans aucun doute fort à faire, mais Lyon peut déjà savourer l’invraisemblable exploit réalisé. Paris est en mission et a une occasion inespérée de prouver enfin ce dont il est capable à l’échelle continentale. En somme, l’opportunité est superbe, et l’espoir est permis. Quoi de mieux pour imaginer une potentielle finale franco-française et ainsi de marquer encore un peu plus l’Histoire ?

Crédits photos : Le Parisien, France Football et DemiVolee

Mathis Beautrais&Léo Roth – 17 août

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